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La Sacem modernise URights sur AWS : la gestion des droits d’auteur passe à l’échelle mondiale
Fondée en 1851, la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (Sacem) compte parmi les plus anciennes sociétés de gestion collective au monde. Elle protège, collecte et répartit les droits d’auteur pour assurer une juste rémunération aux créateurs et aux éditeurs de musique. Son action couvre l’ensemble du cycle de vie d’une œuvre, de l’écriture à la diffusion sur tous les supports : concert, radio, télévision et Internet.
Présente dans plus de 180 pays grâce à des accords internationaux, la Sacem représente plus de 210 000 membres. Elle œuvre chaque jour pour que la valeur de la création soit reconnue et rémunérée à l’échelle mondiale. La migration sur AWS transforme URights en une plateforme mondiale et élastique qui traite des centaines de millions d’euros de droits chaque année. Les équipes peuvent désormais adapter leur infrastructure aux variations de charge et concentrer leurs efforts sur la mission essentielle : garantir la juste rémunération des ayants droit.
De la scène française à la scène mondiale
En 2016, la Sacem lance URights pour accompagner la transformation numérique du monde musical. Ce projet répond à un enjeu majeur : repenser la collecte et la répartition des droits d’auteur à l’heure du streaming mondial. Les plateformes en ligne génèrent des milliards d’écoutes quotidiennes.
Pendant des décennies, la Sacem exerce sa mission historique sur le territoire français. Elle collecte les droits pour la musique diffusée dans l’Hexagone. Elle reverse les sommes aux sociétés sœurs étrangères via des accords bilatéraux.
L’avènement du numérique fait voler les frontières en éclats. Cette mutation bouleverse la volumétrie et la complexité des données. La Sacem passe d’une gestion nationale à une gestion globale des usages musicaux. Elle couvre désormais les grandes plateformes comme Spotify, YouTube, Apple Music, Deezer et TikTok. Ces plateformes génèrent des milliards de flux mensuels.
Les outils historiques ne peuvent plus traiter ces volumes. Conçus pour gérer des données françaises, ils atteignent leurs limites face à cette nouvelle échelle.
URights : la tour de contrôle des usages numériques
URights collecte les usages de musique en ligne dans le monde entier. Il identifie les ayants droit et facture les plateformes de diffusion. La Sacem redistribue ensuite la rémunération correspondante.
Chaque mois, les plateformes de streaming envoient des milliers de fichiers à la Sacem. Ces fichiers décrivent en détail les œuvres diffusées, les territoires concernés et les volumes d’écoute.
URights croise ces informations avec les bases de la Sacem et de ses partenaires internationaux. Le système détermine ainsi la part revenant à chaque auteur, compositeur et éditeur.
Ce travail représente une complexité technique et juridique considérable. Un même morceau peut être coécrit par plusieurs auteurs appartenant à des sociétés différentes. La répartition des droits varie aussi selon le pays de diffusion. URights résout cette équation chaque jour en traduisant la complexité du droit d’auteur en données exploitables.
La montée en puissance du numérique : un défi technique majeur
Le streaming fait exploser les volumes de données à traiter. Les volumes varient fortement d’une période à l’autre. Des pics d’activité massifs succèdent à des phases plus calmes. Les anciennes infrastructures, rigides et basées sur des serveurs physiques, ne peuvent pas absorber ces fluctuations.
Au-delà du manque d’élasticité, la Sacem accumule des technologies hétérogènes difficiles à maintenir. Elle organise également son travail en séparant maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre. Cette séparation ralentit les évolutions.
Face à ces limites, la Sacem décide de refondre entièrement URights sur AWS.
Pourquoi AWS ?
Plusieurs raisons motivent le choix d’AWS. L’élasticité adapte la puissance de calcul aux pics de charge. Elle maîtrise aussi les coûts en réduisant les ressources pendant les périodes calmes. Les services managés permettent aux équipes de se concentrer sur la logique métier. Elles n’ont plus à maintenir des infrastructures complexes. AWS offre des garanties solides sur la résilience et la traçabilité des données.
URights conserve dix ans d’historique complet et auditable. Cela représente plus de 350 téraoctets de données répliquées sur deux régions. Amazon S3 Glacier Deep Archive stocke et duplique ces volumes massifs. Le service aide à maintenir un haut niveau de sécurité tout en maîtrisant les coûts.
Une architecture modernisée, centrée sur la donnée
La nouvelle version d’URights repose sur une architecture 100 % cloud. Elle est conçue pour offrir performance, flexibilité et résilience.
Un pipeline de données constitue le cœur du système. Il s’appuie sur Spark exécuté sur Amazon EMR (Elastic MapReduce). Les plateformes déposent les fichiers d’usage sur Amazon Simple Storage Service (Amazon S3). Des jobs Spark orchestrés par AWS Step Functions ingèrent, transforment et enrichissent ces fichiers.
Le système génère trois résultats principaux. Il produit d’abord la facture à destination de la plateforme de streaming. Il crée ensuite un fichier de contrôle pour validation. Il génère enfin le fichier de répartition qui indique précisément à qui revient chaque euro collecté.
Autour de ce cœur de traitement, la Sacem développe une application de gestion interne. Le frontend Angular et le backend Java Spring Boot s’exécutent en conteneurs sur AWS Fargate. Une base Amazon Aurora PostgreSQL Serverless gère l’administration et l’identification manuelle des œuvres.
Cette refonte rationalise l’ensemble des technologies. Spark remplace les outils ETL hétérogènes. Des fonctions Python déployées sur AWS Lambda gèrent désormais les scripts techniques. L’architecture devient plus homogène et plus simple à maintenir. Elle gagne aussi en agilité.

Une migration progressive et maîtrisée
La migration vers AWS se déroule en plusieurs étapes. L’équipe migre d’abord quelques applications non critiques. Cette phase permet de se familiariser avec les services AWS. Elle valide aussi la faisabilité technique. L’équipe rationalise ensuite la version historique pour réduire le périmètre à migrer. Elle bascule enfin le cœur du système dans le cloud.
Pour garantir la continuité de service, URights fonctionne en double pendant plusieurs mois. Chaque donnée traitée sur la version historique l’est aussi sur la nouvelle version. Cette approche permet de comparer finement les résultats. Elle aide à identifier les écarts et à assurer une fiabilité totale avant la bascule finale.
La contrainte est forte. La migration ne doit ni interrompre les collectes ni modifier les répartitions. La moindre anomalie aurait un impact direct sur des milliers d’ayants droit. Cette exigence guide l’ensemble du projet. Elle justifie le choix d’un parallèle-run étendu et d’un niveau de validation particulièrement élevé. L’équipe va jusqu’à répliquer automatiquement toutes les actions utilisateurs sur les applications web.
Des résultats mesurables
En moins d’un an, URights devient plus rapide et plus sûr. Les coûts d’exploitation sont divisés par cinq.
Le temps de traitement des déclarations chute fortement. Les équipes métiers peuvent se concentrer sur la qualité et la précision des répartitions. Les livraisons deviennent mensuelles, voire hebdomadaires. Elles n’avaient lieu que deux fois par an auparavant.
La sécurité se renforce grâce à la réplication entre plusieurs régions AWS. La suppression de toute exposition directe sur Internet améliore aussi la robustesse.
En dix ans, les revenus gérés par URights passent de 20 millions d’euros à plus de 600 millions. Cela représente près d’un tiers des collectes de la Sacem. La volumétrie de données est multipliée par 150.
Une transformation humaine et organisationnelle
La migration transforme aussi la manière de travailler. Les équipes développement et exploitation se réunissent au sein d’une même entité. Elles adoptent une approche DevOps. Les développeurs suivent désormais leurs applications en production. Ils participent à la résolution des incidents.
Cette proximité renforce la réactivité et la compréhension métier. Elle réduit les délais de correction.
Perspectives : cap sur l’intelligence artificielle et l’optimisation
URights poursuit son évolution. Les priorités des prochains mois portent sur l’optimisation financière. L’équipe ajuste les ressources et affine le stockage. Elle factorise et simplifie aussi les modèles de données.
À moyen terme, la Sacem prévoit d’explorer l’intelligence artificielle. Elle veut assister les utilisateurs dans la correspondance entre œuvres. Elle souhaite aussi analyser les déclarations et automatiser certaines opérations de saisie.
L’équipe voit dans AWS un environnement propice à l’innovation. AWS donne accès à des technologies avancées sans la complexité opérationnelle associée. Il ouvre la voie à des évolutions rapides centrées sur la création de valeur pour les membres et les mandants de la Sacem.
Conclusion
La migration sur AWS transforme URights en une plateforme mondiale, élastique et sécurisée. Elle traite des centaines de millions d’euros de droits chaque année. Les équipes peuvent désormais adapter leur infrastructure aux variations de charge. Elles concentrent leurs efforts sur la mission essentielle : garantir la juste rémunération des auteurs, compositeurs et éditeurs dans le monde entier.
Cette réussite est à la fois technologique et humaine. La modernisation technique sert directement les créateurs. AWS permet à la Sacem de se concentrer sur cette mission tout en bénéficiant d’une infrastructure élastique, sécurisée et évolutive. Les livraisons accélérées et les coûts réduits libèrent des ressources pour améliorer continuellement la qualité des répartitions.